La cohérence cardiaque

Issue des recherches médicales en neurocardiologie, la cohérence cardiaque est le nom qui a été donné à un phénomène réflexe découvert par des chercheurs américains il y a une dizaine d’années.

On a réussi à prouver que Cœur et Cerveau battent à l’unisson : si notre esprit et nos émotions influencent le rythme cardiaque, le rythme cardiaque a lui aussi une influence sur notre mental.

Notre cerveau émotionnel, dans lequel siège l’hypothalamus (chef d’orchestre de toutes nos glandes), envoie des messages au cœur pour réguler les messages. Notre système nerveux neuro-végétatif, que j’appelle « le pilote automatique », possède entre autres deux fonctions qui nous intéressent ici: l’une qui fait office d’accélérateur vers l’ensemble coeur-poumons, le système ortho-sympathique, et l’autre qui fait office de frein vers ce même système cœur-poumons, le parasympathique. Il existe aussi le même dispositif dans l’autre sens : c’est-à-dire de l’ensemble cœur-poumons vers le cerveau. C’est cela qui a été découvert par les chercheurs américains il y a une dizaine d’années. Il existe une boucle ou arc réflexe entre le cœur et le cerveau. De mon rythme cardio-respiratoire part également un arc réflexe automatique qui va équilibrer le cerveau émotionnel et donc l’hypothalamus.

À chaque battement de coeur, cœur et cerveau s’adaptent par l’intermédiaire de ces deux systèmes, ortho et parasympathique. Lors d’émotions positives et douces (une mère allaitant son enfant, une promenade dans un paysage reposant et calme, un sourire, le souvenir d’une personne aimée) cœur et cerveau fonctionnent en parfaite cohérence. Le rythme des pulsations est régulier. Autrement dit, les émotions positives nous permettent de mieux résister au stress. Et le passage par la respiration permet de reprendre un contrôle souple sur ce frein et accélérateur de notre organisme.

Ces découvertes ont ainsi prouvé l’importance de ces exercices sur la gestion du stress. Il a été démontré que cette méthode a de nombreux bénéfices sur la santé cardiologique, mais aussi immunologique. En effet, lors de ces exercices, il se produit une augmentation de la DHEA et une diminution du cortisol; la DHEA est l’hormone de la « jeunesse » et le cortisol sécrété en trop grande quantité dans des périodes de stress est neuro et cyto toxique. On obtient ces résultats positifs pour la santé après 5 minutes de pratique de cohérence cardiaque alors qu’après une colère, 8 heures plus tard nos paramètres de l’immunité sont encore abaissés!

L’énergie du cœur apaisé permet au corps de mieux fonctionner tant au niveau de ses surrénales (malmenées dans les situations de stress) qu’au niveau immunologique : on a une meilleure capacité à résister aux infections, aux maladies, si nos surrénales et notre système endocrinien en général, fonctionnent mieux!

On retrouve ce concept en MTC (médecine traditionnelle chinoise) : en excès de stress, notre énergie des reins (et des surrénales) est au plus bas et la circulation énergétique est bloquée : d’où les symptômes physiques à type d’épuisement ou psychiques à type de burn out. On est dans le noir psychique. L’énergie des reins déstabilisée, le cœur affaiblit et coupe la personne de toute joie et vie. En pratiquant ces exercices de cohérence cardiaque, on relance la circulation de vie : on nourrit à nouveau tous les organes de souffle, on rentre dans le mouvement de vie, par opposition au mouvement de mort précédent: où le stress et la peur figeait cette grande roue de la vie qu’est la loi des 5 éléments.

 

Méthodes pour pratiquer la cohérence cardiaque :

  1. Identifier en nous les « symptômes de stress ».
  2. Solliciter son cœur en focalisant son attention sur la zone qui l’entoure (on peut aussi poser la main sur son cœur).
  3. Respirer par le cœur :c’est-à-dire, adopter un rythme de respiration régulier, en visualisant le cœur qui se gonfle à chaque inspiration et se vide à chaque expiration.
  4. Évoquer un souvenir positif, qui génère en vous une émotion agréable = un élan du cœur; et revivez-le intensément en imagination.

 

Cette technique simple donne d’excellents résultats si elle est pratiquée régulièrement.

 

Comment s’y prendre :

Une fois les symptômes de stress identifiés (cf conférence sur le stress) et le plus près possible de la zone critique, commençons à… respirer! Prendre plusieurs inspirations-expirations profondes et lentes, en marquant une petite pause à la fin de la respiration.

Puis, après cette phase de stabilisation, porter son attention vers le cœur, si besoin la main dessus, et visualisez-le qui se gonfle et dégonfle souplement, tranquillement; il va se créer assez rapidement une sensation de douce chaleur dans la poitrine; on y ajoute une visualisation heureuse : souvenir agréable, lumière, douceur. « Pendant cet exercice, on constate parfois qu’un sourire monte doucement aux lèvres, comme s’il était né dans la poitrine et venu éclore sur le visage. C’est un signal tout simple que la cohérence cardiaque est établie », explique David Servan Schreiber. C’est l’apaisement qui est objectivé quand la personne qui pratique l’exercice est reliée à un logiciel informatique par des capteurs de type électrocardiogramme (c’est la technique du biofeedback) : l’écran de l’ordinateur montre clairement la mise en cohérence cardiaque, sous la forme de tracés réguliers.

Pratiquée régulièrement, la mise en cohérence cardiaque va porter fruits très rapidement sur notre adaptation aux situations de stress et sur notre santé.

 

Pratique

On conseille de pratiquer cet exercice 3 fois par jour en commençant par 3 minutes d’exercice : on utilisera un minuteur qui nous avertira que 3 minutes se sont écoulées. Pendant ces 3 minutes, on compte nos respirations : un pour un aller-retour: inspire-expire. Le fait de compter va permettre à notre esprit de ne pas partir dans sa course aux pensées. On canalise ainsi nos pensées et on ajuste notre corps sur ce rythme régulier. En 3 minutes, on devrait arriver à une fréquence d’environ 18 respirations complètes (inspire-expire). Dans les premiers temps où on s’exercera, il suffira seulement de compter et de voir combien de cycles nous faisons en 3 minutes; les séances suivantes, on essaiera d’adapter un peu mieux notre respiration, et très graduellement, on arrivera à ce chiffre. Très rapidement, si l’exercice est pratiqué quotidiennement, on n’aura plus besoin de compter. Le rythme sera trouvé de façon réflexe.

Ainsi lorsque nous adoptons une fréquence cardiaque régulière, d’environ 6 respirations par minute, le rythme de nos fonctions biologiques vitales réduit le chaos. Les pulsations cardiaques plus amples et régulières entraînent une meilleure oxygénation de tous nos organes, et un meilleur fonctionnement de notre système immunitaire. Nous savons par les recherches scientifiques faites en Californie: que 3 minutes de cohérence cardiaque donnent 5 heures d’effets physiologiques positifs pour le corps… En situation de stress, nous retrouverons rapidement ce « réflexe » qui nous permettra d’en sortir plus vite.

 

Conclusion

Les recherches scientifiques ont démontré ce que beaucoup de « sages » savent et pratiquent depuis longtemps : la force de la méditation, de la prière, de la relaxation, selon ses convictions personnelles. Des études faites dans des monastères de part le monde et dans des cultures religieuses différentes ont toutes montré une meilleure santé immunologique et nerveuse chez lez moines, moniales et autres adeptes de ces pratiques de silence et d’intériorité.

La guérison nous vient d’abord de l’intérieur…

Le cœur qui se met à battre à 21 jours de création de l’embryon, avant même que l’ébauche du système nerveux ne soit complète, a préséance sur notre existence et sa qualité. Le souffle qui nous a « animés » dès la première seconde hors du ventre de notre mère était déjà initié par un battement cardiaque régulier, mis en place au début de notre conception. Le « cœur empereur » comme l’appelle la MTC étant un reflet de l’énergie céleste à l’intérieur de notre matière. En allant par le souffle, retrouver une paix au niveau de nos battements cardiaques, nous nous relions à cette énergie plus grande que nous, en nous, qui apaise toute peur et angoisse, et nous relie à notre essence.

Publié le 1eravril 2008

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