Vers une médecine plus consciente

Vers une médecine plus consciente. Pourquoi? Parce que nous ne sommes pas une juxtaposition d’organes, plus ou moins bien agencés. Le problème de nos sociétés modernes, est peut-être de s’être « attaquées » aux maladies, en oubliant le malade.

On combat tel ou tel virus, telle ou telle pathologie et l’humain là-dedans?? Je ne suis pas sûre que ce soit la bonne voie. Déjà Claude Bernard, à l’époque de Pasteur accordait un rôle bien plus important au terrain qui permet ou non à des germes pathogènes de se développer. Terrain influencé par nos peurs, nos colères, nos tristesses, qui affaiblissent notre système immunitaire. Actuellement la science commence à se rendre compte que l’agent crucial de nos guérisons est notre système immunitaire, et que nos états psychologiques positifs ou négatifs ont un impact non négligeable sur notre immunité : c’est la psycho-neuro-immunologie. Depuis des millénaires, la MTC (médecine traditionnelle chinoise), sait que la colère affecte la vésicule biliaire; la tristesse, le poumon; la rumination intellectuelle touche la rate; les peurs lèsent les reins; et la joie est en écho avec l’énergie du Coeur. Pour la MTC, les « couleurs affectives » du patient sont complètement intégrées à son analyse diagnostic. Nos émotions interagissent sur nos organes avec certitude et selon des règles précises, de même que les saisons. L’homme est replacé au milieu de l’univers, et de ses ancêtres, pont entre le ciel et la terre. D’où l’importance de regarder l’homme avec toutes ses composantes, physiques, psychiques, spirituelles, sans les opposer, mais en les rassemblant justement. Corps, psychisme, et âme sont reliés, et interagissent les uns avec les autres : c’est justement ce qui fait notre spécificité d’Être humain : nous ne sommes pas des « avoirs humains » ou des « blocs humains », mais des Êtres… Si nous nous attachons qu’à régler la matière, nous loupons une partie du travail. De même, si nous nous attachons à régler uniquement le psychisme, en oubliant la composante physique, nous ne faisons qu’une partie du travail. Si nous parlons spiritualité à quelqu’un qui souffre le martyr, nous faisons fausse route. Il faudra d’abord calmer le corps, puis, ensuite, peut être l’amener sur cette voie. Les discordances de la médecine d’aujourd’hui viennent peut-être de ce que l’on a eu tendance à déshumaniser la médecine, par souci de progrès techniques extraordinaires. Parce qu’on s’est mis à mieux comprendre la physiologie, la neurologie, et l’infiniment petit à l’intérieur du corps humain, on en a oublié son psychisme et son âme. Ou du moins on en a fait des spécialités bien à part. « Vous souffrez? Mais tous vos examens sont bons, donc c’est psychologique, allez consulter un psy. » Oui mais le psy, lui, interprétera vos émotions en ne les reliant aucunement à votre corps. « Votre souffrance dépasse les compétences du psy? Il vous reste le prêtre » qui lui va essayer de trouver une raison métaphysique à votre mal de vivre… Sans faire nécessairement les liens avec votre moral et votre corps physique… Les disciplines holistiques telles que l’homéopathie, ou la MTC, qui appréhendent l’Homme dans sa globalité, sont regardées avec méfiance car elles sont basées sur un principe différent de la médecine classique : le principe énergétique. La matière se méfie de l’énergie, et l’énergie parfois oublie que si le problème est réglé dans le domaine énergétique, il n’est pas encore totalement réglé dans le matériel, d’où la nécessité de prendre en compte cette souffrance aussi, et ce temps de latence.

Il serait temps de revenir à une vision globale de l’Être. Dans toutes les anciennes traditions tant orientales qu’occidentales, le prêtre, le médecin, le chaman, le guérisseur, ne faisaient qu’un. Un véritable guérisseur, ne se concevait pas sans une formation spirituelle. C’est en verticalisant l’Homme, en lui faisant accéder à un certain niveau de conscience qu’on va pouvoir l’aider à trouver ses clés qui lui permettront de résoudre son problème. Augmenter le niveau de conscience du patient, c’est lui redonner la maîtrise de son histoire. Il y a un certain grand nombre d’années, Lao – Tseu, disait déjà : « le but du médecin n’est pas de guérir à tout prix, mais de rétablir le Qi (l’énergie de vie) afin que la vie ou la mort, soit atteinte selon la pente naturelle du sujet et par les chemins propres de sa destinée ». Médecine plus consciente, c’est une médecine qui va intégrer les différentes composantes de l’individu : son corps physique, son corps psychique, et son corps spirituel.


Médecine du corps physique

En essayant d’aller plus loin que les apparences. La vie est réglée par des lois immuables, et nos fonctions organiques répondent à des codes engrammés depuis la nuit des temps dans nos cellules. En reprenant ces codes qui régissent autant le règne animal que le règne humain, on pourra comprendre ce qui se passe réellement dans le déclenchement de telle ou telle maladie.

 

Ces codes sont par ailleurs intimement liés à une symbolique inscrite au plus profond de notre corps physique. Le sacré est déjà inscrit dans notre matière, sans que nous le sachions! Pour en revenir aux codes biologiques, c’est par exemple la vessie qui, chez les animaux par l’intermédiaire de l’urine sert à délimiter leur territoire. Dans nos problèmes de cystites ou autres pathologies vésicales, qu’est-ce qui se dit par rapport notre territoire que nous n’avons pas entendus ou dont nous n’avons pas pris conscience? La maladie est une sonnette d’alarme, par rapport à un déséquilibre qui s’est créé à notre insu. Certes il y a un germe « responsable », je dirais même, un germe témoin. Et il faudra s’en occuper peut-être même avant d’aller chercher la composante symbolique. Mais comprendre le code biologique de la vessie et savoir pourquoi à ce moment là de ma vie elle s’est manifestée, permettra de résoudre quelque chose de plus profond dans mon parcours de vie. À propos des germes, il ne faut pas oublier que les bactéries et les germes sont nos plus fidèles alliés. Nous vivons avec des millions de germes et bactéries dans nos intestins, sur notre peau, etc. Nous vivons en harmonie avec eux, jusqu’à ce qu’il se produise un déséquilibre créé par :

  • Certains médicaments (antibiotiques par exemple)
  • Des intrusions instrumentales (sondes)
  • Des conflits émotionnels plus ou moins bien gérés

Un germe particulier prolifèrera (et il n’y a pas de hasard là non plus), venant tirer la sonnette d’alarme. Les germes, que ce soit à la surface de notre peau ou à l’intérieur de notre corps, sont là en équilibre avec notre physiologie, au sein d’un écosystème que nous méprisons trop souvent, toujours à nos dépens. C’est l’exemple du staphylocoque à la surface de la peau, qui est le garant de notre intégrité : s’il y a lyse dans cette intégrité, que ce soit par une écharde, ou un cathéter, le corps va mettre en marche son plan d’attaque vis-à-vis de l’intrus, et déclencher une réaction inflammatoire à la surface de la peau (sous forme d’abcès) pour expulser l’écharde ou le cathéter. D’où nécessité de désinfecter avant de pratiquer une piqûre ou autre geste intrusif. Il nous faut retrouver un équilibre de vie et ne pas faire n’importe quoi avec notre corps. Il y a des règles à respecter, règles biologiques, et règles éthiques : vouloir les outrepasser dans un souci de rentabilité, provoque des catastrophes telles que la maladie de la vache folle. L’homme a oublié qu’il faisait partie d’une chaîne vivante et que donner à manger des carcasses de moutons à des herbivores était un contre-sens grossier, d’où au final il est la victime… Pitoyable! Au lieu d’augmenter nos capacités immunitaires, nous avons « tapé » de façon inconsidérée dessus, avec des antibiotiques de plus en plus puissants, une sur vaccination intensive, qui ont eu pour effet de faire naître de nouvelles pathologies que l’on ne sait pas ou mal gérer.

Il en est des maladies infantiles qu’il faut accompagner, et non décapiter avec des molécules trop puissantes : ce sont ces maladies de la petite enfance, rhino et autres, qui ont pour but dans notre devenir d’adulte de mettre notre système immunitaire en contact avec tous les germes de notre environnement pour qu’il acquière une meilleure performance. Ce n’est pas en bombardant d’antibiotiques (parfois les derniers sortis sur le marché!) qu’on aidera ces enfants à se forger une immunité. Pire, on fait exactement l’inverse. Qu’y a-t-il de plus puissant que tel ou tel médicament : un virus, car lui il mute, et rapidement pour s’adapter à nos super médicaments. Notre rôle de thérapeute serait d’accompagner ces maladies bénignes, avec des thérapeutiques non agressives, que sont l’homéo et les huiles essentielles, réservant les prescriptions plus lourdes à quelques exceptions. Idem, pour la survaccination : on détourne le système immunitaire en formation chez l’enfant (jusqu’à 7 ans, l’enfant n’a pas atteint son immunité) en lui faisant fabriquer en masse des anticorps contre 4 ou 5 maladies, qu’il a très peu de chances d’attraper. Moyennant quoi, son système immunitaire, n’est plus en état de fonctionner contre des germes rencontrés tous les jours, des germes banaux.

Et nous avons la pléiade de surinfections qui suivent les vaccinations : recrudescences d’otites, de bronchiolites, de méningites : qui sont des germes de 2e intention : c’est-à-dire développés secondairement à un déséquilibre immunologique. Cela ne veut pas dire qu’il faut bannir les vaccinations, non, mais retrouver, là aussi, un équilibre!!!

Nos maladies sont toutes des pertes d’équilibre, les déséquilibres de nos systèmes de vie seraient faciles à éviter, si on s’en donnait les moyens. Par ailleurs n’oublions pas que nous ne sommes pas tous identiques! Un vrai thérapeute est celui qui personnalise son traitement : ne pas faire le même « protocole » à tout le monde. Chaque être est unique.

En homéopathie, on parle de terrain : certains seront plus disposés à faire telle ou telle pathologie. En MTC, on prend les pouls du patient, qui vont donner une lecture de ses faiblesses. On tient compte de la saison, du climat, rappelant que l’Homme est inscrit au milieu de l’univers et subit aussi ses lois. Vers une médecine plus consciente au niveau physique, c’est être attentif aux équilibres de vie qui nous gouvernent; c’est remonter le système immunitaire de l’individu (et par là de la société) avec des produits sains, non toxiques; c’est ne pas créer d’autre déséquilibres; c’est comprendre ce qui se dit à travers les manifestations physiques, pour pouvoir atteindre un niveau de conscience plus élevée qui permettra d’atteindre les véritables causes de la maladie.

 

Médecine du corps psychique

Car, si nous sommes des « machines » hyper perfectionnées, avec des équilibres précis, nous sommes aussi des êtres avec nos émotions, nos peurs, nos croyances et nos ressentis. On sait de plus en plus, plus exactement, on redécouvre, que tous ces composants jouent sur notre équilibre de vie. Nous sommes issus de parents et grands-parents qui ont traversé, eux aussi des épreuves physiques et émotionnelles, qui ont certainement laissé des traces et qui nous ont été transmises, plus ou moins consciemment.

C’est ce qu’on appelle l’hérédité, physique certes, autant en positif (résistances à certaines pathologies) qu’en négatif (fragilité par rapport à d’autres). Mais aussi hérédité comportementale, c’est ce qu’on étudie dans le génosociogramme, et Anne Ancelin a bien montré dans ses travaux comment certains comportements pathologiques étaient répétitifs, de génération en génération tant qu’ils n’avaient pas été mis à jour.

Nos peurs, nos croyances, nos colères affectent notre physique : Ce sont des énergies qui, en créant des déséquilibres vont, si elles ne sont pas corrigées, s’ancrer dans notre matière. C’est là qu’énergie et matière qui sont 2 aspects d’un même être, se retrouvent. La MTC, comme on l’a déjà vu, et l’homéo peuvent ici aussi apporter des clés non négligeables. Intervenir avant que cela ne perturbe trop le corps. Reconnaître les ponts entre la psyché et le corps, au lieu de les nier, permettra d’aller plus vite à une solution globale. Mettre en lumière ces ponts permet au patient d’intégrer plus de données dans le déclenchement de sa maladie; lui permet aussi parfois de sortir d’une certaine fatalité; en tout cas, lui donne la possibilité de dépasser le problème, en le comprenant mieux, il redevient le sujet et non plus l’objet de sa maladie. Car la maladie est venue pour nous faire comprendre quelque chose.

Vers une médecine plus consciente, c’est aussi vers une médecine qui fait avancer le patient, qui le rend plus conscient de ce qui se passe, et lui redonne par là même, sa dignité d’Humain. Face à un ulcère de l’estomac, s’il est utile de traiter (sûrement même) l’élicobacter que l’on aura retrouvé à la fibroscopie (mais de préférence avec des thérapeutiques non agressives pour l’ensemble du tube digestif), il sera encore plus utile d’aller désamorcer avec le patient le stress qui génère son déséquilibre au niveau de l’estomac. Là aussi, le germe n’est pas le responsable, mais le témoin de la pathologie.

Maladie de nos corps psychiques, c’est aussi parler de nos ressentis. Et ce qui est capital chez l’Homme, c’est que nos codes biologiques sont dépendant de nos ressentis. Autrement dit, les émotions et les ressentis sont les déclencheurs de nos désordres biologiques… C’est l’histoire de ces 2 femmes dont les fils se retrouvent en prison pour trafic de voitures. La 1re, très attachée à ses enfants, à leur confort de vie, se fait un souci monstre pour son fils, craignant pour sa santé, et met en route une pathologie au niveau de son sein gauche.

La 2e, qui fait partie des gens du voyage appartient à un clan, et s’inquiète, elle toujours de ce que son fils se trouve en bagarre avec les jeunes d’un autre clan voisin, dans cette circonstance, elle souffle pendant le temps où il est en prison : il ne lui arrivera rien. Et à elle non plus! Nos ressentis mènent pas mal la danse! À nous d’en prendre conscience pour aller, avec différentes méthodes, les désamorcer. Cela bien sûr en prenant soin aussi du corps malade, avec les thérapeutiques appropriées. Il n’est pas question de ne s’occuper que du ressenti dans la mesure où la maladie s’est déclarée. Mais faire les 2! Par contre, prenons garde à évacuer nos émotions et à ne pas nous laisser gouverner par elle (même, si éthymologiquement, émotion, cela veut dire ce qui met en mouvement!!!).

Vers une médecine plus consciente, c’est savoir accompagner du mieux possible son patient avec parfois l’aide d’autres intervenants tout aussi nécessaires. Nos maladies sont venues nous dire quelque chose. Nous devons changer notre regard sur une partie de nous même ou de notre vie. Nous aurons besoin parfois de plusieurs intervenants, parfois d’un seul. Chaque être est unique et c’est à nous de l’aider à avancer dans ce périple initiatique qu’est la maladie.

 

Médecin de l’âme…

C’est déjà reconnaître notre juste place face au sujet : nous ne dirigeons rien, nous accompagnons avec le maximum de nos compétences. J’ai l’habitude de dire à mes patients : « le médecin chef, c’est vous ». C’est reconnaître à l’autre, sa capacité à se relier à son « médecin chef ». C’est l’amener à une reliance avec son Être. Reliance qu’il a perdue à un moment donné, et qu’on va essayer de retrouver.

Nous ne sommes que des accompagnateurs, des aidants. Sur le plan spirituel, la maladie, signifie être coupé de sa source intérieure, de sa lumière. Le Soi spirituel, est coupé, désaccordé du corps physique. Tant que la Source de Vie circule à travers nos corps, nous allons plus ou moins bien. Lorsqu’il y a court circuit, entre le Sacré, et les autres plans plus denses, arrive la maladie. Parfois même, c’est grâce à la maladie, que l’on prend conscience de cette dimension en nous…

Le vrai travail d’un bon thérapeute c’est d’essayer de reconnecter le patient à son Soi : lui montrer « qu’il y a plus grand que lui en lui » (comme dit JYL), lui faire toucher autre chose que ce qu’il vit au quotidien dans sa maladie, même, et surtout si on s’occupe de sa matière, parfois trop douloureuse. Un peu comme, éclairer la matière dont on s’occupe. C’est ainsi qu’il pourra aller puiser des forces inexplorées, inconnues, parfois phénoménales que lui seul peut ramener, de son Être.

La guérison vient de l’intérieur, par un recentrage de tous les plans de l’individu, et d’en haut, des plans les plus élevés, vers les plus denses. Et ce n’est certainement pas nous qui faisons cela. Cela ne nous appartient pas. C’est en montant notre propre niveau de conscience qu’il se passe cette alchimie avec la personne qui est en face de nous. Ce n’est certainement pas mon petit moi, qui orchestre tout ça. Dans une bonne consultation, j’ai l’habitude de dire que nous sommes 3 : le patient, le thérapeute, et la RELATION… C’est comme pour les atomes, le plus important c’est ce qu’il y a entre, ce qui ne se voit pas.

De la qualité vibratoire de la relation dépendra la qualité de la consultation. Cette relation ne saura bien s’établir, que si la confiance, le respect et la reconnaissance de l’autre sont présents. Vers une médecine plus consciente, c’est aussi, vers une élévation de nos consciences. « Il y a plus grand que moi en Moi » chez le sujet consultant et chez le thérapeute!

Vers une médecine plus consciente, c’est reconnaître dans l’Autre, tous ses corps, physiques, psychologiques, émotionnels, spirituels et essayer de les accorder au mieux.

 

 

Publié le 27 février 2008

Laisser un commentaire

Classé dans Articles

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Gravatar
Logo WordPress.com

Please log in to WordPress.com to post a comment to your blog.

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s